Category: Photographie

  • Francis Alÿs

    Francis Alÿs

    Francis Alÿs, de son vrai nom Francis De Smedt, naît en 1959 à Anvers et grandit dans le pajottenland. De 1978 à 1983, il suit une formation d’architecte à l’Institut supérieur d’architecture Saint-Luc à Tournai, puis de 1983 à 1986 à l’IUAV, à Venise.

    En 1987, il est ingénieur au Mexique pour participer à un projet de secours du gouvernement belge pour la capitale Mexico détruite par un tremblement de terre. Il s’y établit.

    La base de ses activités trouve sa source dans ses promenades à travers la ville. Son œuvre, à la fois performances, vidéos, dessins, peintures et sculptures, se développe dans plusieurs villes, dont New York, Londres, Lima et Jérusalem.

    Il décrit le contexte dans lequel il travaille en tant qu’artiste de politique, au sens grec du terme, la polis : la ville comme un lieu de sentiments et de conflits. Avec des actions simples, ironiques et significatives, il étudie l’influence de l’art sur la vie dans la ville.

    Il prend part en 2008 au prestigieux concours européen The Vincent Award et y remporte le prix du public.

    En 2011, il est classé, par le magazine Newsweek, 7e dans leur classement des 10 artistes les plus importants au monde.

  • Jeff Wall

    Jeff Wall

    Issu de l’art conceptuel, Jeff Wall fonde son œuvre dans les années 1970, en reprenant le programme de Baudelaire et Manet, peindre la vie moderne. Il remplace le Paris de la fin du XIXe siècle par le Vancouver de la fin du XXe siècle et choisit la photographie comme outil de représentation.

    Sa première photographie célèbre, La Chambre détruite, s’inspire de La Mort de Sardanapale de Delacroix.



    Les photographies qu’il propose sont souvent inspirées d’œuvres d’art classique réinterprétées par le prisme photographique comme A Sudden gust of Wind du peintre japonais Hokusai ou Picture for Women, reprise explicite d’une œuvre de Manet : Un bar aux folies bergères, 1882.

      

    Ses œuvres sont des photographies de très grand format, comparables à de grandes toiles. Elles sont montées sur des caissons lumineux semblables à ceux utilisés pour les panneaux publicitaires.

    Jusque dans les années 1970, cette technique n’était pas utilisée par des plasticiens. Jeff Wall inaugure alors cette pratique qui trouvera son prolongement chez de nombreux photographes dans les années 1980 et 90.

    Les photographies de Jeff Wall pourraient être qualifiées de « photographies de cinéma », dans la mesure où elles résultent de mises en scènes minutieusement calculées, pour un résultat final donnant l’illusion d’une photographie documentaire ou un cliché tiré de la « réalité ».

    Il considère que l’artiste transmet la représentation de l’évènement tandis que le journaliste figure la réalité.

    Une ligne de coupure apparaît sur plusieurs de ses œuvres (par ex. Picture for Women)

    Il fait souvent appel à des acteurs. Il utilise parfois la vidéo, comme outil de préparation de ses photographies. Ses photos sont la représentation du mouvement. La vidéo lui permet de contrôler tous les aspects du mouvement.

    Parfois, ses personnages sont grotesques et ressemblent à des spectres. Trois personnages de sa fresque sur l’Afghanistan ont cette attitude. Et ce sont des spectres revenant d’outre-tombe.

     

  • Raphaël Zarka

    Raphaël Zarka

    Diplômé de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, ce plasticien français est à la fois photographe, sculpteur, vidéaste… et auteur de livres sur le skate-board qu’il pratique avec passion.

     

    Ancien pensionnaire de la Villa Médicis, il pratique un art « ouvert » qui renvoie à la science, l’industrie, la philosophie l’écologie, la politique… Un art qui sollicite l’intelligence et force l’imagination. En quête perpétuelle de nouvelles trajectoires, l’artiste collectionne les formes à la manière d’un archéologue. Des formes abstraites, pensées, construites qu’il ne cesse de recenser ou de réinterpréter. A reçu le prix de la Fondation Ricard en 2008.

     

  • Cyprien GAILLARD

    Cyprien GAILLARD

    Entre iconoclasme et esthétique minimale, romantisme et Land Art, le travail de Cyprien GAILLARD (né à Paris en 1980, vit et travaille à Berlin) interroge la trace de l’homme dans la nature et face au passage du temps. À travers ses sculptures, peintures, gravures, photographies, vidéos et performances, mais aussi d’importantes installations et interventions dans l’espace public, il s’est imposé comme une figure majeure de la scène artistique internationale émergente.

    Qu’il commande à un peintre paysagiste des vues champêtres de banlieues suisses, cadrant au sein de leur environnement naturel verdoyant des barres d’immeubles austères (Swiss Ruins, 2005), ou qu’il insère des tours modernistes dans des gravures paysagères hollandaises du XVIIème siècle, transformant ainsi les visions naturalistes de REMBRANDT et autres en terrains à bâtir (Believe in the Age of Disbelief, 2005), Cyprien représente l’architecture contemporaine comme une ruine moderne sur le point d’être envahie par la nature. En cela, il applique métaphoriquement le précepte de Denis DIDEROT selon lequel « Il faut ruiner un palais pour en faire un objet d’intérêt. », comme le peintre ruiniste Hubert ROBERT le fit avec le Louvre au XVIIIème siècle.

    Dans sa série The New Picturesque (depuis 2007), Cyprien GAILLARD questionne la représentation de la nature à travers la notion de “pittoresque”, littéralement “Ce qui mérite d’être peint” : à l’origine, au XVIIIème siècle, un paysage dur ou accidenté, avant de s’édulcorer pour ne plus désigner qu’un paysage à la joliesse un peu mièvre. Intervenant avec de la peinture blanche sur des peintures de paysage du XVIIIème ou XIXème siècle, ou avec des découpages de papier blanc sur des cartes postales de châteaux, ilen recouvre les éléments narratifs, révélant ainsi leur qualité pittoresque originelle.

    Cette série fait écho au geste minimal de celle des Real Remnants of Fictive Wars (2003-2008), performances de Land Art, documentées en vidéos et photographies, où l’artiste déclenche des extincteurs industriels dans des paysages soigneusement choisis, comme par exemple l’iconique Spiral Jetty de Robert SMITHSON, produisant un nuage aussi vaporeux que menaçant qui souligne la beauté des lieux tout en les vandalisant.

    Cyprien GAILLARD explore la notion d’entropie chère à SMITHSON, en la confrontant à des questions telles que le vandalisme, la décadence des utopies modernistes et la spectacularisation de la nature. Par exemple, la vidéo Pruitt Igoe Falls (2009) qui mêle en un fondu enchaîné la démolition nocturne d’une tour à Glasgow et l’illumination des chutes du Niagara. Ou bien la vidéo Crazy Horse (2008), consacrée à la sculpture monumentale, la plus grande au monde, du chef amérindien, en train d’être taillée au bulldozer et à l’explosif dans une montagne sacrée – une façon parfaitement entropique de célébrer le lien des Amérindiens avec la nature. Ou encore la série des Cairns (depuis 2007), photographies d’amas de gravois prises juste après la démolition d’immeubles dans le cadre de réhabilitations urbaines, qui reprennent les codes de la photographie de Düsseldorf – monumentalité, frontalité, absence de narration – tout en les poussant à leur stade ultime : au lieu d’un bâtiment moderniste arrogant, n’en subsiste plus qu’une pyramides de ruines.

    Sur le mode d’une “archéologie du futur”, Cyprien GAILLARD collecte ces occurrences d’entropie dans son impressionnante série de Geographical Analogies (2006-2009), boîtes rappelant les vitrines des musées d’histoire naturelle et contenant chacune neuf polaroids pris par l’artiste aux quatre coins du monde et assortis selon des analogies parfois évidentes pour le spectateur, parfois personnelles à l’artiste.

     

    Mais de la même façon qu’Hubert ROBERT, en représentant le Louvre en ruine, ne parlait pas tant d’architecture que de la place des hommes dans cette architecture et face aux ravages du temps, les immeubles en ruines et les paysages voués à disparaître de Cyprien GAILLARD ramènent romantiquement l’homme à sa propre et inéluctable destruction. L’obsolescence programmée des architectures est aussi celle de la jeunesse qui s’y débat, que l’artiste constate et célèbre dans le même temps.

    Ainsi, dans la vidéo The Lake Arches (2007), un jeune homme se casse le nez après avoir plongé dans un plan d’eau ceinturant une emblématique architecture postmoderne de logements sociaux de Ricardo BOFILL, comme des douves protégeant une forteresse impénétrable pour cette génération pourtant née en même temps qu’elle. Ou la vidéo Desniansky Raion (2007), qui alterne entre ordre et chaos, d’une bataille rangée entre deux bandes de hooligans dans une banlieue de Saint-Pétersbourg au survol d’une forêt de tours grises de la banlieue de Kiev, d’où finit par émerger un parfait ordonnancement circulaire évoquant le site mégalithique de Stonehenge, en Angleterre, en passant par le spectacle grandiose mêlant lumières, lasers et pyrotechnie sur la façade d’une barre HLM avant qu’elle ne s’effondre foudroyée. Ou bien encore Cities of Gold and Mirrors (2009), la dernière vidéo en date de Cyprien GAILLARD, qui met en parallèle déréliction de la jeunesse et ruine des civilisations précolombiennes à Cancún, au Mexique.

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    Cependant, dans un mouvement d’éternel recommencement, ces destructions s’accompagnent de renaissances, et Cyprien GAILLARD a commencé à créer son propre “parc aux ruines”, constitué de monuments disséminés dans le monde : une monumentale sculpture en bronze d’un canard, ancien symbole d’un quartier moderniste de Paris hier à l’abandon, aujourd’hui en pleine réhabilitation, déplacée dans différents contextes, comme par exemple la terrasse de la Neue Nationalgalerie de Berlin (Le Canard de Beaugrenelle, 2008). L’allée principale du château de Oiron couverte de gravats recyclés issus de la démolition d’une tour d’Issy-les-Moulineaux, obligeant le visiteur à marcher sur les ruines de l’utopie moderniste pour accéder à un chef d’œuvre du patrimoine (La grande allée du château de Oiron, 2008). Un obélisque de 15 tonnes en béton recyclé après la démolition d’un immeuble de logements sociaux de Glasgow (Cenotaph to 12 Riverford Road, Pollokshaw, Glasgow, 2008). Ou récemment, à La Haye, l’excavation d’un bunker de la Seconde Guerre mondiale enfoui et oublié sous une dune de sable, faisant resurgir, comme l’imaginait Paul VIRILIO dans Bunker Archéologie, un monolithe brutaliste de béton en même temps que la mémoire oubliée de la ville (Dunepark, 2009).

    Site internet de l’artiste.