Category: Sculpture / Installation

  • Richard Deacon

    Richard Deacon

    Né au pays de Galles, Deacon suit sa scolarité au Plymouth College et, à l’âge de 19 ans, débute ses études artistiques au Somerset College of Art à Taunton, où il a été élève de John Hilliard, Ian Breakwell et Rose Fmn-Kelcey. Puis il a suivi des cours à Londres à la St Martin’s School of Art de 1969 à 1972 où il s’est concentré sur la performance. De 1974 à 1977 il étudie au Royal College of Art où il se lie avec Tony Cragg. En 1976 il s’installe à Brixton et en 1977 il crée un studio à 52 Acre Lane. Il étudie l’histoire de l’art à mi-temps, au Chelsea College of Art and Design.

    Les œuvres de Deacon sont d’apparence abstraites, mais les thèmes récurrents de la nature, du corps humain sont implicitement présents et, très souvent, une allusion aux fonctions anatomiques, en particulier aux organes de la perception, est évoquée. La courbe est un élément important de l’esthétique de ses œuvres, et la fragilité ou la minceur des matériaux employés donnent à son travail un caractère poétique.

    Deacon explore aussi dans ses œuvres le rapport entre l’intérieur et l’extérieur. Il fait partie de ces sculpteurs qui affrontent directement les matériaux. Deacon travaille avec une gamme de matériaux variés et souvent industriels comme le lamellé collé, l’acier inoxydable, l’acier galvanisé, le polycarbonate, le contreplaqué laminé, la céramique émaillée, le plastique, le cuir, ou le tissu. Dans une interview il explique:[ changing materials from one work to the next is a way of beginning again each time (and thus of finishing what had gone before).] (Deacon, 2005). Ses œuvres en céramique fabriquées à la main sont inspirées par la façon dont le matériau réagit à des méthodes de construction et de manipulation où creusement, découpe, empilement et écrasement deviennent des techniques en elles-mêmes.

    Deacon se dit plus “fabricant” que sculpteur, car il apparente sa pratique à celle d’un ouvrier spécialisé :
    « je ne sculpte pas, je ne modèle pas, je fabrique » Il ne cherche pas à dissimuler les procédés d’assemblage, au contraire, il les accentue : rivets, boulons, colle font partie intégrante des formes de l’œuvre finale2.

    Ses constructions sont souvent d’ampleur inattendue. Auteur d’une trentaine de sculptures monumentales pour l’espace urbain ou naturel. Deacon a réalisé aussi de nombreuses sculptures de format moyen, à l’échelle du corps humain ou à celle de l’atelier, ainsi que des œuvres de petit format. (Art for other people, …and… …if… …but… …so…, Siamese pink, Siamese snakeskin, Siamese yellow, Some more for the road, etc.) Ses œuvres invitent à une expérience physique de l’objet sculpté, de même qu’à une approche sensible de leurs matériaux, de leurs modes de fabrication et de leurs lieux d’inscription.

    Site de l’artiste

  • ADEL ABDESSEMED

    ADEL ABDESSEMED

    Elève de l’École des Beaux-Arts d’Alger, Adel Abdessemed quitte l’Algérie en 1995. Il poursuit ses études aux Beaux Arts de Lyon. Il a ensuite séjourné et exposé à New York en 2001.

    Abdessemed utilise la vidéo, la photographie, la sculpture, le dessin. Il s’intéresse aux limites sociales politiques et culturelles dans les sociétés musulmanes et occidentales. Souvent en réaction à des situations vécues, il aborde la question des contraintes liées à l’identité culturelle politique ou spirituelle des sociétés, tant au coeur même des cultures, qu’elles soient occidentales, islamiques ou autres, que dans l’hybridation de celles-ci. Une mixité dont lui-même enrichit ses réflexions mais subit parfois aussi les injustices.

    Dans ses vidéos, il met en évidence les tensions générées par la globalisation. Ainsi, dans «Pressoir fais-le», un citron écrasé par son talon est emblématique de cette pression. Dans une autre pièce «Mohammedkarlpolpot», ce mot composé à partir de Mahomet, Karl Marx et Pol Pot écrit sur une feuille de papier déchirée, il dénonce les formes d’oppression liées à ces personnalités.

    Un des sujets récurrents est celui du corps libéré des contraintes de la culture, la religion, la politique, les a priori idéologiques des sociétés… Dans la vidéo «Chrysalide», il libère consciencieusement une jeune femme, ligotée de la tête aux pieds d’un mince fil noir. Ses oeuvres croisent métaphores et références historiques, avec des éléments biographiques. Il oppose souvent au diktat des tabous et des interdits, la vérité simple et indestructible du plaisir dionysiaque d’être.

    À la Biennale de Venise, en 2003, il filme une performance où neuf couples font l’amour dans une galerie. Ce n’est pas la seule de ces œuvres où il met en jeu la nudité des corps. On retrouve cette nudité filmée avec le maximum d’objectivité dans les vidéos «Joueur de flûte» ou «Passé simple». Lorsqu’il filme ces corps, cela reste très pudique avec une forte charge poétique et émotionnelle.

    Certaines pièces ont marqué grâce à leur force, comme «Habibi» en 2004, sculpture d’un squelette énorme de 17 m de long.

    https://www.youtube.com/watch?v=LoG_SrJSXwQ

  • Damien Hirst

    Damien Hirst

    Damien Steven David Brennan est né à Bristol et a grandi à Leeds. Sa mère, Mary Brennan, épouse William Hirst, lorsqu’il a un an, il portera son nom. Son beau-père était mécanicien et sa mère employée dans l’administration, au Citizens Advice Bureau (en). Ils divorcent lorsqu’il a douze ans. Il s’est montré indiscipliné pendant son enfance et le dessin était le seul domaine dans lequel il a pu se distinguer positivement dans ses études. Il est impressionné par l’œuvre de Francis Bacon.

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    Ses résultats scolaires ne lui permettent d’entrer au lycée que grâce à l’intervention de son professeur d’art. Il étudie deux A-levels, dont un en art, où n’obtenant qu’un E, il est refusé au Leeds College of Art, mais réussit à y entrer par la formation diplômante de 2 ans proposée par l’établissement. Il déménage à Londres où il travaille deux ans sur un chantier de construction pour poursuivre des études artistiques. Rejeté de Saint Martins School of Art, il entre finalement en 1986 à Goldsmith’s, College of Art jusqu’en 1989, pour étudier les beaux-arts, dont l’un de ses professeurs principaux est Michael Craig-Martin.

    Dès les années 1980, il mène de front un travail de sculpteur et de commissaire d’exposition qui marque la naissance du courant des Young British Artists. Sa première exposition personnelle a lieu en 1991 (In and Out of Love).

    Depuis 1988, Damien Hirst réalise des installations où il traite du rapport entre l’art, la vie et la mort. Pendant ses études, il a travaillé dans une morgue et le thème de la mort devient central dans son travail. Pour les cabinets médicaux, il expose dans des vitrines des objets provenant « de la vie réelle » comme des tables, des cendriers, des mégots, des médicaments (formol), des papillons, des poissons…

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    À partir de 1991, pour « que l’art soit plus réel que ne l’est une peinture », il travaille sur une série constituée de cadavres d’animaux (cochon, vache, mouton, requin, tigre, etc.). Les bêtes (parfois coupées en deux, laissant apparaître les organes) sont plongées dans le formol et présentées dans des aquariums. Ces sculptures sont appelées à disparaître (la putréfaction n’est que ralentie), elles perdent peu à peu leurs couleurs et se délitent.

    Depuis 1993, il monte en parallèle une suite de peintures monochromes ponctuées de papillons naturalisés (I Feel Love, 1994-1995). Il réalise également une vidéo pour le groupe Blur (The Country House, 1995), un court métrage (Hanging Around, 1996), ainsi que des peintures en collaboration avec David Bowie ou la décoration d’un restaurant branché de Londres.

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    En 2003, il densifie son propos en montrant des monochromes noirs habités de mouches mortes, des reliquaires de martyrs, des vitrines où des têtes de vaches représentent le Christ et les apôtres ; ses installations sont éclaboussées de sang d’animal figé sur le sol ou sur les murs des lieux d’exposition (Blood, 2003). Dans une de ses scènes emblématiques le film The Cell (2000) s’inspire visuellement de l’univers de Damien Hirst.

    Le 21 juin 2007, une de ses œuvres, Lullaby Spring, une armoire à pharmacie métallique contenant 6136 pilules faites à la main et peintes individuellement a été vendue 19,2 millions de dollars (14,34 millions d’euros) par la célèbre salle de vente londonienne Sotheby’s. Il s’agit de la deuxième œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères pour un artiste vivant, après un portrait de Lucian Freud.

    En août 2007, Damien Hirst bat un nouveau record en cédant pour 100 millions de dollars une pièce intitulée For the Love of God, réplique en platine du crâne d’un homme décédé au XVIIIe siècle, incrustée de 8 601 diamants. Le journaliste et critique d’art Ben Lewis (en) révèlera plus tard dans son documentaire L’art s’explose, que l’œuvre, ne trouvant pas acquéreur, a en fait été achetée par un groupe d’investisseurs dont Hirst faisait lui-même partie dans le but, semble-il, de préserver sa cote sur le marché de l’art.

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    Les premières Spot paintings présentent des alignements de points colorés dont les titres évoquent le monde médical, thématique que l’on retrouve dans ses sculptures installations. D’après l’artiste, cette série de Spots paintings parfois appelées Dots paintings, lui ont été inspirées par l’œuvre de Louise Nevelson.

    Les secondes Spin paintings utilisent la force centrifuge. Les toiles de cette série sont de forme circulaire. Damien Hirst déclare avoir découvert ce procédé lors d’un programme télévisé pour enfant. Le Spin art courant issu de l’Action painting est apparu dans les années 1960.

    En septembre 2008, Hirst organise une vente aux enchères de ses œuvres les plus récentes chez Sotheby’s, à Londres, au lieu de passer par le circuit des galeries, lesquelles se sont pourtant imposées depuis le XIXe siècle comme les intermédiaires naturels entre les producteurs et les consommateurs du monde de l’art. Il viole ainsi une règle importante du marché de l’art. La vente est un grand succès et les articles sont vendus au-delà de toutes les estimations.

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    Ben Lewis (en) affirme cependant que les marchands d’arts traditionnels, et notamment Larry Gagosian et Jay Jopling (en), fondateur de la galerie White Cube à Londres, étaient présents à la vente et ont exagérément fait monter les enchères, dans le but de préserver la bulle spéculative autour de l’œuvre de Hirst dont ils possèdent des stocks importants.

    Site de l’artiste damien hirst

  • Fabrice Hybert

    Fabrice Hybert

    Fabrice Hyber, de son vrai nom Fabrice Hybert, est un artiste français touche-à-tout, né le 12 juillet 1961 à Luçon, en Vendée.

    Il a fait ses études à l’École des Beaux-Arts de Nantes. Artiste de renommée internationale, Fabrice Hyber intervient dans des domaines et sur des supports très divers. Présent depuis une vingtaine d’années sur la scène artistique internationale, il procède par accumulations, proliférations, hybridations et opère de constants glissements entre les domaines du dessin, de la peinture, de la sculpture, de l’installation, de la vidéo mais aussi de l’entreprise et du commerce.

    Son parcours est significatif d’un questionnement sur les réalités de l’art. Esprit prodigieusement inventif, inséré dans le système, les utilisant tout en les récusant.

    L’artiste laisse en suspend la question de ses volontés, de ses envies, de ce qu’il propose au regard du spectateur, de la réponse qu’il espère. Fabrice Hyber est un entrepreneur et s’intéresse au commerce qu’il développe en parallèle. Le mot Art est un nom propre désignant toute la famille d’entreprises à venir. En 1988, il se fait directeur d’une société anonyme à responsabilité limitée. Il revend les objets qu’il invente.  Comme les bonbons très bons, ou il va travailler avec des biochimistes pour utiliser des algues afin que le produit puisse être absorbé par les deux extrémités du système digestif. Il définit le commerce comme : « un moyen permettant d’assouplir nos limites par mélange d’humeur » Commercer c’est avant tout créer des relations entre individu.

    En tant qu’artiste, Fabrice Hubert prend le parti du rire. Les textes qui accompagnent ses œuvres font partie prenante de l’œuvre et c’est par eux-même que Fabrice Hybert est considéré et jugé en tant qu’artiste. « Je fais toujours de la peinture, mais ce qui me porte dans la peinture, ce n’est pas le fait de faire de la peinture. C’est le comportement qui m’amène à en faire. Les glissements, les erreurs, les constructions.. »

    Hybert a un travail honnête et réfléchi. Il questionne. L’expérience chez lui ne cherche pas à réitérer un résultat mais plutôt à expérimenter l’expérience. Tout événement est pour lui susceptible de donner naissance à un comportement, et pas simplement l’art.

    Sa pensée est soucieuse de la transformation, ouverte au processus d’échange et de mutation.

    C’est au cours de sa 44e année, Fabrice Hybert prend la décision d’ôter le T de son nom.  Il s’agit d‘une véritable décision artistique. En rapport avec le titre de ses œuvres, « hybertmaché, hybertvitesse », le T posait problème. Lorsqu’un ami lui suggère de l’ôter. Hyber sans majuscule devient alors un hyberlatif.

     

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  • Présence Panchounette

    Présence Panchounette

    De 1969 à 1990, Présence Panchounette (Christian Baillet, Pierre Cocrelle, Didier Dumay, Michel Ferrière, Jean-Yves Gros, Frédéric Roux, Jacques Soulillou, sans compter quelques ustensiles) va tenter de semer une gaie zizanie au sein d’un monde de l’art confit dans le puritanisme.

    Artistes d’attitude pour lesquels l’œuvre n’est pas essentielle (sinon négligeable), adeptes du métissage avant l’heure, pratiquants émérites du n’importe quoi/n’importe comment, du vite fait/mal fait et du jamais fini ; idiots malins, un peu (beaucoup) plus cultivés que la moyenne de leurs collègues (pas très cultivés, il est vrai), ils n’auront de cesse de semer la confusion et le malaise (« Sont-ils cons ou font-ils semblant ? ») par le biais d’expositions conçues comme des performances hystériques et de communiquer sur le moda da l’insulte (vieille tradition surréaliste) et de l’excommunication (leur côté secte).

    Curieux des marges, fervents du « mineur », ils auront toujours préféré Laurel et Hardy à Gilbert et George, Alphonse Allais à Malevitch, et les bretelles aux Burlington ; appris l’art contemporain en regardant Mondo Cane et le body-art en écoutant Claude Darget commenter les combats du marquis de Lassartesse (et son valet Firmin) ; défailli à l’Eurovision plutôt qu’à la Scala de Milan, avant de découvrir le ready-made au fin fond des jardins de banlieue (un simple puits en pneus et son toit niais).
    Leur statut a toujours hésité entre celui de terroristes balourds (« Et Bing et Bang ! ») et de pitres roublards (« Vas-y, r’joue moi-z’en d’la trompette ! »). Punks diesel, amateurs de contre-pieds et de crocs-en-jambe, ils tenteront de surnager dans un océan de contradictions, de malentendus et de paradoxes avant de finir en beauté en se sabordant au plus fort de leur succès.

    A la Mauvaise Réputation, ils montrent une interprétation toute littérale du célèbre tableau de Magritte (« Ceci n’est pas une pipe ») et quelques marginalia (tracts, affiches, envois postaux et autres curiosités).

    Frédéric ROUX

     

  • Anish Kapoor

    Anish Kapoor

    Anish Kapoor est né à Bombay dans une famille de confession juive par sa mère, immigrée en Inde en provenance de Bagdad quand elle était âgée encore de quelques mois (son père et son grand-père étaient les chantres de la synagogue de Puna). Le père d’Anish Kapoor, d’origine hindoue du Punjabi, était un hydrographe de la marine indienne.

    Anish Kapoor a passé ses premières années à Bombay, puis à Dehra Dun où il étudie à la La Doon School. En 1971-1973, il se rend en Israël, avec l’un de ses deux frères, pour vivre dans un kibboutz. Il commence à étudier le génie électrique mais rencontre des difficultés en mathématiques et quitte au bout de six mois l’établissement. Il décide alors de devenir artiste et part en 1973 pour la Grande-Bretagne au Hornsey College of Art et à la Chelsea School of Art and Design où il est influencé par Paul Neagu. Anish Kapoor enseigne à Wolverhampton Polytechnic de 1979 à 1982 et expose à la Walker Art Gallery de Liverpool. Il vit et travaille à Londres depuis les années 1970.

    Il est reconnu pour ses créations inspirées à la fois de la culture occidentale et de ses origines orientales. Parmi ses influences diverses peuvent être cités Mantegna, Joseph Beuys, Barnett Newman et Yves Klein.

    Anish Kapoor a été élu membre de la Royal Academy le 26 mai 1999. Il a été fait Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2003.

    Au début des années 1990, Kapoor s’est révélé comme l’un des nombreux sculpteurs britanniques adoptant un nouveau style et gagnant une reconnaissance sur la scène internationale. On peut également citer dans le même mouvement Richard Wentworth, Tony Cragg, Richard Deacon, Anthony Gormley, Shirazeh Houshiary et Bill Woodrow. Les œuvres de Kapoor sont généralement simples, de formes incurvées, monochromatiques et de couleurs intenses. Le plus souvent, l’intention de l’artiste est de susciter chez le spectateur l’intérêt pour son travail sur de mystérieuses cavités sombres, étonnantes par leur taille et leur beauté épurée, tactiles, et fascinantes en raison de la réflexion de leurs surfaces. Ses premières œuvres étaient recouvertes, en totalité et sur le sol environnant, de poudres de pigments divers. Cette pratique était inspirée de son Inde natale où Kapoor voyait des tas d’épices colorées sur les marchés et les temples. Ses travaux ultérieurs s’intéressent à de massives pierres issues de carrières, et jouant avec la dualité terre-ciel, matière-esprit, lumière-obscurité, visible-invisible, conscient-inconscient, mâle-femelle et corps-âme. Ces travaux récents sont basés sur des surfaces réfléchissantes et miroirs, renvoyant au spectateur une image déformée de lui-même et de l’environnement.

    Depuis la fin des années 1990, Kapoor a produit un grand nombre d’œuvres gigantesques comme Taratantara (1999), une pièce de 35 mètres de longueur installée dans le Baltic Centre des Arts Contemporaines à Gateshead en Angleterre, et Marsyas (2002) une œuvre d’acier et de PVC installée dans la salle des turbines de la Tate Modern. Une arche de pierre de Kapoor est en résidence permanente sur les rives du lac de Lodingen dans le nord de la Norvège. En 2000, une des œuvres de Kapoor, Parabolic Waters, consistant en une roue d’eaux colorées tournant rapidement a été exposée en dehors du Dôme du millénaire de Londres. En 2001, Sky Mirror, un large miroir reflétant le ciel et les alentours a été commandé par la ville de Nottingham. En 2004, Cloud Gate, une sculpture d’acier inoxydable d’environ 100 tonnes a été inaugurée au Millennium Park de Chicago.

    À l’automne 2006, un autre vaste miroir, version plus grande du Sky Mirror, a été installé au Rockefeller Center à New York. Un mémorial conçu par Kapoor et dédié aux victimes britanniques du 11 septembre 2001 devrait être bientôt installé à New York. Les travaux d’Anish Kapoor sont de plus en plus à la frontière entre l’art et l’architecture comme le montre son investissement dans l’élaboration du design d’une station du métro de Naples en Italie. Kapoor collabore également avec des artistes du spectacle vivant, tels que le danseur contemporain Akram Khan pour lequel il a réalisé les décors de quelques chorégraphies.

    Kapoor a représenté la Grande-Bretagne à la Biennale de Paris en 1985 et à la Biennale de Venise en 1990 où il a été récompensé par un Premio Duemila. L’année suivante il gagne le prestigieux Turner Prize. Il a été également l’artiste d’expositions individuelles majeures de la Tate et Hayward Gallery de Londres, de la Kunsthalle Basel en Suisse, du musée de la Reine Sofía de Madrid, de la National Gallery d’Ottawa, du musée des arts contemporains de Grand-Hornu en Belgique, et du CAPC de Bordeaux. Ses œuvres font partie des collections des plus grands musée d’art contemporain comme le Museum of Modern Art de New York, la Tate Modern de Londres, la Fondation Prada de Milan, le musée Guggenheim de Bilbao, la fondation De Pont aux Pays-Bas et le musée d’art contemporain du XXIe siècle de Kanazawa au Japon. En 2011, il est l’artiste invité à l’exposition Monumenta au Grand-Palais à Paris. Il reçoit cette même année le prix Praemium Imperiale 2011.

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  • Wim Delvoye

    Wim Delvoye

    Wim Delvoye s’est fait connaître pour son installation Cloaca.

    Cloaca (présentée pour la première fois en 2000 au musée Mukha d’Anvers), dite « machine à caca » : avec l’apparent sérieux d’un laboratoire scientifique, la machine de Delvoye reproduit le processus de la digestion ; on entre des aliments et, en bout de chaîne, sortent des excréments. Cloaca fonctionne véritablement.

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    Wim Delvoye

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    Depuis, Wim Delvoye a proposé au public des œuvres sans lien formel avec Cloaca, mais ouvrant la porte à toutes sortes de réflexions par la juxtaposition d’univers et le contre-emploi. Il fait partie d’une génération d’artistes flamands – Jan Fabre, Alain Platel, Jan Lauwers, Luc Tuymans, Panamarenko ou Anne Teresa De Keersmaeker – qui ont révolutionné l’art contemporain.

    Les mélanges constants osés par Delvoye l’inscrivent dans la tradition d’un Brueghel qui lui aussi confrontait le trivial (excréments, alimentation, sexualité) avec le religieux ou le politique.

    Ce Flamand de Belgique se veut d’abord un artiste régionaliste, un artiste « ethnique » explorant les présupposés de sa propre culture, un artiste qui s’imagine d’embellir la vie quotidienne par un plaisant décor dans un pays où le modernisme ne serait jamais implanté.

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    Wim Delvoye

    À partir de 2005, Wim Delvoye a travaillé à une œuvre commandée par des habitants de Roubaix (regroupés en comité de quartier de l’Hommelet), et qui a été inaugurée au printemps 2010. L’œuvre, détournant avec humour une statue classique, se veut porter des valeurs universelles. Elle est visible avenue des Nations-Unies, à Roubaix.

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    Wim Delvoye

    Wim Delvoye

    En février 2010, au Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice, dans le cadre de l’exposition « Dessins et maquettes », Wim Delvoye expose sept cochons tatoués qu’il a élevés près de Pékin avant de les naturaliser. Ce volet de l’exposition, par ailleurs consacrée à l’architecture gothique et au thème de la crucifixion, suscite un débat de fond sur les traitements infligés aux animaux et les limites éthiques dans l’art contemporain. Il provoque la protestation des militants de la cause animale, dont la fondation Brigitte-Bardot.

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    Wim Delvoye

    Wim Delvoye

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  • Xavier Veilhan

    Xavier Veilhan

    Figure majeure de la scène artistique française, Xavier Veilhan (né en 1963, vit et travaille à Paris) se définit comme un artiste visuel. Son travail, déclinant sculpture, peinture, vidéo, photographie et installation, consiste à ressaisir le réel, notamment dans ses aspects biologiques et techniques, sous des formes archétypales, génériques ou prototypiques qui interrogent les modes de représentation historiques et contemporains.

    L’universalisme formel, qui semble renvoyer à l’idéal de l’art classique, se trouve contrebalancé par la singularité des dispositifs de mise en scène des œuvres, des situations et des environnements construits, par la modernité des sujets et par les procédés high-tech utilisés (sculptures d’animaux ou de personnages modélisés avec la technique de captation 3D, dispositifs lumineux des Light Machines…), qui convoquent des images de la société de production industrielle et de consommation dans des univers étranges et équivoques.

    Xavier Veilhan a réalisé de nombreuses expositions personnelles, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (1993), au CCC de Tours (1995), au Consortium de Dijon (1999), au Mamco de Genève (1999-2000), au Magasin de Grenoble (2000), au CCA Kitakyushu (2002), au Centre Pompidou de Paris (2004), au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (2005), au Château de Versailles (2009)… Il est représenté par les galeries Emmanuel Perrotin (Paris) et Andréhn-Schiptjenko (Stockholm).

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  • Roman Signer

    Roman Signer

    Les œuvres de Roman Signer ont acquis le label «temps-sculpture». Ils partagent la préoccupation de la sculpture traditionnelle avec l’artisanat de matériaux physiques en trois dimensions, mais ils étendent cette préoccupation en ce qui peut ou ne peut pas être caractérisée comme la quatrième dimension: la dimension du temps. Temps-sculpture étudie la transformation de matières à travers le temps, concentrant l’attention du spectateur sur l’expérience de l’événement, les changements forgé, et les forces impliquées. Combinant diversement objets en trois dimensions, l’action en direct, la photographie et de documentation d’images en mouvement, temps-sculptures cadre épisodes de signataire de l’enceinte de confinement et la libération de l’énergie – toujours avec l’ingéniosité, souvent avec captivante, la rapidité d’épigramme et l’humour irrésistible.

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    Au Cap avec Rocket (Mütze mit Rakete 1983), par exemple, une longueur de ficelle relie un feu d’artifice et un bonnet tricoté que signataire a tiré sur sa tête. Le feu d’artifice est allumé; il tire en l’air et transporte le chapeau, révélant le visage de l’artiste. Dans Tabouret – Kurhaus Weissbad (Hocker – Kurhaus Weissbad 1992) une petite explosion déclenche le catapultage d’un tabouret à quatre pieds d’une fenêtre; les voiles de selles dans l’air et les accidents à la terre. Dans Kamor (Kamor 1986), une explosion de poudre au sommet d’une petite montagne dans le canton suisse d’Appenzell produit un jet de flammes et un panache de fumée et prête le sommet l’apparition d’un volcan en direct momentanément. Dans l’affaire Attaché (Aktenkoffer 1989/2001) une mallette remplie de béton est prise sur un court trajet dans une machine rapide – un hélicoptère, pour être précis. A une hauteur d’environ une centaine de mètres, il est tombé. Comme une météorite, il plonge dans un champ herbeux et crève un profond cratère dans le gazon.

     

    Simple! Et à certains égards, l’étape de la sculpture à temps la sculpture est en effet magnifiquement simple: élémentaire, pour emprunter un mot l’artiste se est souvent associée à son travail. Dans le visage de l’immédiateté et de la plasticité poétique frappant des pièces de signataire, commentaires critiques peuvent parfois sembler franchement redondante – comme, un lustrage pédante obtus de, une blague magnifiquement jugé parfaitement chronométré. Le critique est poursuivi par le soupçon que (à coopter une phrase de Simon Critchley) un temps-sculpture «expliquée» pourrait être un incompris temps sculpture. De une palette apparemment restreint de procédés et matériaux, Signer génère une poétique dont les tons vont de la mélancolie à l’passionnant, de la charmante aux violents, de la tombe aux points franchement, irrésistiblement stupides, et de nombreux nord, sud, est et à l’ouest de ces coordonnées affectifs.

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  • David Altmejd

    David Altmejd

    Des êtres de plâtre, parfois ailés, la peau labourée par les mains de l’artiste en sillons profonds pour les charpenter. Le Québécois David Altmejd a regroupé cette série de personnages sous le vocable de Bodybuilders, littéralement « ceux qui construisent leur corps ». Difficile de ne pas voir dans ces statues un autoportrait. Car voilà maintenant plus de quinze ans que ce sculpteur revendiqué sonde, secoue, ravive le genre dédaigné par l’art contemporain depuis l’avènement de l’installation. En témoigne la rétrospective que lui consacre le musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Riche d’une soixantaine de pièces, « David Altmejd, flux » dévoile un univers fantasmagorique immédiatement identifiable où la vie et la mort s’entremêlent. S’y côtoient des géants aux allures de loup-garou, des hommes à tête d’oiseau, des animaux empaillés, des insectes ou des fruits en résine, dans un entrelacs de miroirs, de breloques, de fils de soie, de cristaux et de chaînes en or.

    Tout est allé très vite pour Altmejd, 40 ans cette année. D’abord étudiant en biologie, il est vite rattrapé par son amour pour la peinture. Il opte pourtant pour la sculpture. « J’ai réalisé ma première pièce à l’occasion d’un cours obligatoire de première année, se souvient-il. J’avais soudain un objet qui n’existait pas sur une toile ou dans un film, mais dans l’espace même où je me trouvais. Il avait donc autant de force qu’un corps, qu’une personne. J’ai alors choisi cette voie-là. »

    Cette force irradie ses géants. Parmi ces personnages gigantesques, certains sont transpercés de pics miroitants, tel saint Sébastien, insensibles à la douleur. D’autres ont le visage et le corps rongés par la mort. Le mur de glace qui leur fait face donne aux visiteurs une idée vertigineuse de leur échelle.

    « Le plexiglas m’a permis de faire flotter des chaînes en or dans l’espace »

    Tout aussi fascinant est le rapport d’Altmejd à la matière. De sculpture en sculpture, de nouveaux éléments viennent enrichir son travail, le complexifient. « J’ai commencé à utiliser le miroir pour permettre aux spectateurs de voir une partie de l’objet qui n’était pas directement visible, m’en servant comme d’un périscope. Le plexiglas m’a permis de faire flotter des chaînes en or dans l’espace », explique l’artiste, dont chaque oeuvre semble avoir été conçue pour nourrir la suivante. Jusqu’à la dernière, gigantesque boîte en Plexiglas où évoluent bodybuilders et autres personnages dévorés de l’intérieur, veillés par des animaux, des insectes. A chacun ensuite de composer sa propre histoire.

    Site de l’artiste