Author: TISC

  • Jordi Colomer

    Jordi Colomer

    Jordi Colomer étudie à l’École d’art et de design Eina à Barcelone. Puis, il étudie l’histoire de l’art et l’architecture à l’université de Barcelone. Il s’intéresse à la planification architecturale dans l’urbanisme.

    Colomer expose pour la première fois à la Fondation Miró en 1986 (Prototips Ideals). Il montre des sculptures faites à partir de maquettes d’architecture utopiste dénaturées.

    Il étudie ensuite le cinéma expressionniste allemand et réalise des scénographies pour le théâtre (pièces de Beckett, Novarina et Joan Brossa ainsi qu’un opéra de Robert Ashley).

    Une série d’installations est présentée au Musée d’art contemporain de Barcelone entre 1997 et 2000 où la vidéo s’intègre alors à la sculpture, à la scénographie et à l’architecture. Dans Simo (1997), la caméra passe sans cesse d’un espace à un autre espace, que la protagoniste remplit ou vide d’objets, qui est indistinctement extérieur et intérieur, privé et public, théâtre et coulisse. Pianito (1999), les jumelles (2001), ou Le dortoir (2002) sont d’autres vidéos, toujours présentées dans une salle de projection singulière, qui correspondent à cette période d’œuvres tournés dans des décors et espaces clos.

    Colomer entreprend une série de voyages à travers la France, le Brésil, la Roumanie, le Japon, le Yémen, le Mexique dont sont issues les œuvres Père Coco (2002), Anarchitekton (2002-2004), “un crime” (2005), Arabian Stars (2005), No Future (2006), Avenida Ixtapaluca (2009). Il s’agit de performances avec des acteurs non professionnels filmés dans des espaces architecturaux monumentaux ou désertiques.

    Anarchitekton est un travail sur quatre grandes grandes villes (Barcelone, Bucarest, Osaka, Brasilia). Le terme vient de Anarchitecture, un groupe fondé par l’artiste américain Gordon Matta-Clark et fait allusion aux Architektons de Kazimir Malevitch.

    Dans Arabian Stars, des performers yéménites improvisés marchent face à la caméra avec des pancartes en carton mentionnant en arabe les noms d’icônes de la culture mondiale telles que Mies van der Rohe, James Bond, Mohamed Ali, Homer Simpson…

    En 2008, est tourné dans le désert d’Atacama au nord du Chili le projet En la Pampa où un couple est filmé dans son errance dans ces espaces inhabités, et en train de dialoguer de façon improvisée. L’installation est présentée à la Galerie nationale du Jeu de Paume à l’automne 2008 dans le cadre d’une rétrospective consacrée à Colomer.

    Site de Jordi Colomer

    ©JordiColomer

  • Gabriel Orozco

    Gabriel Orozco

    Gabriel Orozco, né le est un artiste contemporain mexicain postminimaliste.

    Il travaille notamment sur le thème du déplacement dans de nombreuses œuvres Turista Maluco en 1991 est une installation montrant des oranges disposées sur différentes tables, en 1993 il crée DS, une voiture réduite en son milieu du tiers de ses dimensions originales. Jouant toujours sur l’idée du déplacement, de ses moyens… il crée en 1994 Four Bicycles (there is always one direction), quatre vélos sont assemblés leur enlevant ainsi toute utilité. En 1995 il photographie sa Scwalbe jaune (mobylette) à côté d’une autre équivalente Until you find another yellow Schwalbe. En 1995 avec habemus vespam, il détourne la formule rituelle lors de l’élection d’un nouveau pape habemus papam, qui représente un scooter en pierre sans détails et grandeur nature.

    Galerie de l’artiste

  • Richard Serra

    Richard Serra

    Après des études de littérature anglaise, il étudie les Beaux-Arts à l’université Yale entre 1961 et 1964. Pour financer ses études d’arts plastiques, il travaille dans une aciérie, ce qui aura une grande importance dans ses travaux futurs, tout comme le fait que son père ait travaillé sur des chantiers navals. De même un séjour à Paris en 1965, où il travaille à l’Académie de la Grande Chaumière, lui permet de découvrir et d’admirer l’œuvre de Brancusi : « c’est là que s’est produit mon passage vers la sculpture ». Il expose pour la première fois à Rome en 1966 et chez Leo Castelli à New-York en 1969. Il retourne à New York fin 1966, où il vit et travaille depuis lors.

    Les premières œuvres réalisées par Serra – des projections de plomb fondu sur les murs – sont directement influencées par l’expressionnisme abstrait. Mais très vite, il se tourne vers le minimalisme et des œuvres plus ambitieuses. Il réalise alors d’imposantes sculptures en acier Corten avec de grandes plaques ou rouleaux d’acier inoxydable, posées en équilibre sur le sol. Serra applique au pinceau sur les plaques une solution qui leur donne un aspect de rouille. Il peut ainsi contrôler la couleur de ses sculptures avant d’interrompre la corrosion. Il met en scène le poids des lourdes plaques comme une épreuve de force dramatique imposée au fer, à l’acier, au plomb, et transpose ainsi en qualités plastiques le poids, les masses, la pesanteur et leur développement vers l’orientation, le déroulement, l’horizon. Il utilise alors une nuance d’acier résistant aux intempéries, le DIWETEN 235, qui – par un ajout de cuivre dans sa composition – vient former à la surface de la tôle une sorte de patine. Les tôles sont laminées et la surface de la tôle doit rester libre de tout marquage, poinçonnage, ou traces de graisse, afin de conserver l’aspect le plus brut possible. Il n’y a après formage/fabrication de la pièce aucune intervention sur la surface : c’est avec le temps et le contact avec l’air que le matériau va patiner.

    Les sculptures permettent une vision nouvelle d’un lieu et d’un espace. Elles participent à un subtil dialogue avec leur environnement. Les jeux d’équilibre, le poids de l’acier et la hauteur des plaques créent pour le spectateur – qui peut souvent circuler entre celles-ci – un sentiment d’insécurité et de petitesse, nuancé par la beauté de la couleur de la rouille ou les perspectives offertes par les lignes courbes, élancées et pures des plaques en équilibre avec leur environnement. Le côté instable des montages est parfois majorée par la matière utilisée dans certaines œuvres, le plomb, destiné, tôt ou tard, à s’affaisser (One Ton Drop (house of cards), 1969, faite de quatre plaques de plomb en équilibre).

    Serra travaille également sur le cube. Sollicité au monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse, il préfèrera pour ne pas rivaliser avec “l’objet parfait” que constitue l’église s’inscrire dans un intérieur-extérieur, un des cloîtres du monastère. Écho des tombeaux du couple princier à l’origine du lieu, deux blocs d’acier Corten incitent le visiteur à renouer avec la déambulation spirituelle.

    Site du CNAP

  • Richard Deacon

    Richard Deacon

    Né au pays de Galles, Deacon suit sa scolarité au Plymouth College et, à l’âge de 19 ans, débute ses études artistiques au Somerset College of Art à Taunton, où il a été élève de John Hilliard, Ian Breakwell et Rose Fmn-Kelcey. Puis il a suivi des cours à Londres à la St Martin’s School of Art de 1969 à 1972 où il s’est concentré sur la performance. De 1974 à 1977 il étudie au Royal College of Art où il se lie avec Tony Cragg. En 1976 il s’installe à Brixton et en 1977 il crée un studio à 52 Acre Lane. Il étudie l’histoire de l’art à mi-temps, au Chelsea College of Art and Design.

    Les œuvres de Deacon sont d’apparence abstraites, mais les thèmes récurrents de la nature, du corps humain sont implicitement présents et, très souvent, une allusion aux fonctions anatomiques, en particulier aux organes de la perception, est évoquée. La courbe est un élément important de l’esthétique de ses œuvres, et la fragilité ou la minceur des matériaux employés donnent à son travail un caractère poétique.

    Deacon explore aussi dans ses œuvres le rapport entre l’intérieur et l’extérieur. Il fait partie de ces sculpteurs qui affrontent directement les matériaux. Deacon travaille avec une gamme de matériaux variés et souvent industriels comme le lamellé collé, l’acier inoxydable, l’acier galvanisé, le polycarbonate, le contreplaqué laminé, la céramique émaillée, le plastique, le cuir, ou le tissu. Dans une interview il explique:[ changing materials from one work to the next is a way of beginning again each time (and thus of finishing what had gone before).] (Deacon, 2005). Ses œuvres en céramique fabriquées à la main sont inspirées par la façon dont le matériau réagit à des méthodes de construction et de manipulation où creusement, découpe, empilement et écrasement deviennent des techniques en elles-mêmes.

    Deacon se dit plus “fabricant” que sculpteur, car il apparente sa pratique à celle d’un ouvrier spécialisé :
    « je ne sculpte pas, je ne modèle pas, je fabrique » Il ne cherche pas à dissimuler les procédés d’assemblage, au contraire, il les accentue : rivets, boulons, colle font partie intégrante des formes de l’œuvre finale2.

    Ses constructions sont souvent d’ampleur inattendue. Auteur d’une trentaine de sculptures monumentales pour l’espace urbain ou naturel. Deacon a réalisé aussi de nombreuses sculptures de format moyen, à l’échelle du corps humain ou à celle de l’atelier, ainsi que des œuvres de petit format. (Art for other people, …and… …if… …but… …so…, Siamese pink, Siamese snakeskin, Siamese yellow, Some more for the road, etc.) Ses œuvres invitent à une expérience physique de l’objet sculpté, de même qu’à une approche sensible de leurs matériaux, de leurs modes de fabrication et de leurs lieux d’inscription.

    Site de l’artiste

  • Peter Doig

    Peter Doig

    Peter Doig grandit à Trinidad et, à partir de 1966, au Canada. À 19 ans, il s’installe à Londres où il suit des études artistiques dans différentes écoles, d’abord à la School of Art de Wimbledon, de 1979 à 1980, puis à la St. Martin School of Art, de 1980 à 1983. Après un retour de trois ans au Canada, à Montréal, il reprend en 1989 des études à la Chelsea School of Art où il obtient une maîtrise en arts.

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    Une exposition à la Whitechapel Art Gallery en 1991 lui vaut rapidement une reconnaissance internationale. Il est nominé pour le prix Turner en 1994.Il vit depuis 2002 à Trinidad, « un tournant dans sa peinture ».

    Peinture de grand format, en dehors de toute référence conceptuelle et loin d’un post-expressionnisme abstrait américain, l’œuvre de Peter Doig s’inspire des Romantiques allemands, du symbolisme de Munch ou du naturalisme d’Edward Hopper.

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    Fasciné par les espaces immenses où le rapport de l’homme à la nature est constamment en jeu, Peter Doig peint souvent des lieux sauvages, indéfinis, abandonnés, que l’homme traverse, laissant un signe de sa présence : canoës vides, maisons de travailleurs saisonniers, silhouettes solitaires devant des brumes flottantes.

    Peter Doig ne peint jamais en plein air, pour composer ses toiles il exploite des sources photographiques variées : films d’horreur, journaux, cartes postales, dépliants touristiques, pochettes de disques… Souvent, il peut mettre plusieurs années à terminer un tableau. À d’autres occasions, il reprendra le même thème pour le traiter différemment.

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    S’appuyant sur un travail de la matière – jeu de textures, teintes pures et mélangées, effets de solarisation, halo, mises au point vagabondes -, ses œuvres échappent à une lecture univoque. Elles préconisent toujours une distance face au sujet. Les paysages sont noyés dans la nuit ou dans des halos de lumière et de brume, papillonnement des flocons ou des étoiles, labyrinthe des branches, reflets dans l’eau : il n’y a aucun rendu descriptif dans ces vues, Peter Doig peint des atmosphères, des contextes marqués par le malaise de l’homme réduit à l’étonnement et le trouble face à une nature idyllique où sa place ne va plus complètement de soi.

    À la suite de la vente d’une de ses œuvres White Canoe, 1990-1991, pour 8,53 millions d’euros par Sotheby’s (Londres)3, il est devenu l’un des peintres vivants les plus chers.

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    En 2008, une grande exposition rétrospective lui a été consacrée, organisée par trois musées : la Tate Britain de Londres (février-mai)4, le Musée d’art moderne de la ville de Paris (juin-septembre), et la Schirn (Schirn Kunsthalle ou Schirn Kunsthalle Frankfurt) de Francfort (octobre-janvier). Le Musée des beaux-arts de Montréal, en collaboration avec la Scottish National Gallery of Modern Art, présente sa propre exposition – la première d’envergure en Amérique du Nord – du 25 janvier au 4 mai 2014.

    Dans le cadre de sa participation au ciné-club studiofilmclub, qui présente des films de répertoire dans son atelier, Doig a peint un grand nombre d’affiches pour les films projetés, sorte d’activité complémentaire à son travail de peintre.

    Site de l’artiste

    © Peter Doig

  • ADEL ABDESSEMED

    ADEL ABDESSEMED

    Elève de l’École des Beaux-Arts d’Alger, Adel Abdessemed quitte l’Algérie en 1995. Il poursuit ses études aux Beaux Arts de Lyon. Il a ensuite séjourné et exposé à New York en 2001.

    Abdessemed utilise la vidéo, la photographie, la sculpture, le dessin. Il s’intéresse aux limites sociales politiques et culturelles dans les sociétés musulmanes et occidentales. Souvent en réaction à des situations vécues, il aborde la question des contraintes liées à l’identité culturelle politique ou spirituelle des sociétés, tant au coeur même des cultures, qu’elles soient occidentales, islamiques ou autres, que dans l’hybridation de celles-ci. Une mixité dont lui-même enrichit ses réflexions mais subit parfois aussi les injustices.

    Dans ses vidéos, il met en évidence les tensions générées par la globalisation. Ainsi, dans «Pressoir fais-le», un citron écrasé par son talon est emblématique de cette pression. Dans une autre pièce «Mohammedkarlpolpot», ce mot composé à partir de Mahomet, Karl Marx et Pol Pot écrit sur une feuille de papier déchirée, il dénonce les formes d’oppression liées à ces personnalités.

    Un des sujets récurrents est celui du corps libéré des contraintes de la culture, la religion, la politique, les a priori idéologiques des sociétés… Dans la vidéo «Chrysalide», il libère consciencieusement une jeune femme, ligotée de la tête aux pieds d’un mince fil noir. Ses oeuvres croisent métaphores et références historiques, avec des éléments biographiques. Il oppose souvent au diktat des tabous et des interdits, la vérité simple et indestructible du plaisir dionysiaque d’être.

    À la Biennale de Venise, en 2003, il filme une performance où neuf couples font l’amour dans une galerie. Ce n’est pas la seule de ces œuvres où il met en jeu la nudité des corps. On retrouve cette nudité filmée avec le maximum d’objectivité dans les vidéos «Joueur de flûte» ou «Passé simple». Lorsqu’il filme ces corps, cela reste très pudique avec une forte charge poétique et émotionnelle.

    Certaines pièces ont marqué grâce à leur force, comme «Habibi» en 2004, sculpture d’un squelette énorme de 17 m de long.

    https://www.youtube.com/watch?v=LoG_SrJSXwQ

  • Damien Hirst

    Damien Hirst

    Damien Steven David Brennan est né à Bristol et a grandi à Leeds. Sa mère, Mary Brennan, épouse William Hirst, lorsqu’il a un an, il portera son nom. Son beau-père était mécanicien et sa mère employée dans l’administration, au Citizens Advice Bureau (en). Ils divorcent lorsqu’il a douze ans. Il s’est montré indiscipliné pendant son enfance et le dessin était le seul domaine dans lequel il a pu se distinguer positivement dans ses études. Il est impressionné par l’œuvre de Francis Bacon.

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    Ses résultats scolaires ne lui permettent d’entrer au lycée que grâce à l’intervention de son professeur d’art. Il étudie deux A-levels, dont un en art, où n’obtenant qu’un E, il est refusé au Leeds College of Art, mais réussit à y entrer par la formation diplômante de 2 ans proposée par l’établissement. Il déménage à Londres où il travaille deux ans sur un chantier de construction pour poursuivre des études artistiques. Rejeté de Saint Martins School of Art, il entre finalement en 1986 à Goldsmith’s, College of Art jusqu’en 1989, pour étudier les beaux-arts, dont l’un de ses professeurs principaux est Michael Craig-Martin.

    Dès les années 1980, il mène de front un travail de sculpteur et de commissaire d’exposition qui marque la naissance du courant des Young British Artists. Sa première exposition personnelle a lieu en 1991 (In and Out of Love).

    Depuis 1988, Damien Hirst réalise des installations où il traite du rapport entre l’art, la vie et la mort. Pendant ses études, il a travaillé dans une morgue et le thème de la mort devient central dans son travail. Pour les cabinets médicaux, il expose dans des vitrines des objets provenant « de la vie réelle » comme des tables, des cendriers, des mégots, des médicaments (formol), des papillons, des poissons…

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    À partir de 1991, pour « que l’art soit plus réel que ne l’est une peinture », il travaille sur une série constituée de cadavres d’animaux (cochon, vache, mouton, requin, tigre, etc.). Les bêtes (parfois coupées en deux, laissant apparaître les organes) sont plongées dans le formol et présentées dans des aquariums. Ces sculptures sont appelées à disparaître (la putréfaction n’est que ralentie), elles perdent peu à peu leurs couleurs et se délitent.

    Depuis 1993, il monte en parallèle une suite de peintures monochromes ponctuées de papillons naturalisés (I Feel Love, 1994-1995). Il réalise également une vidéo pour le groupe Blur (The Country House, 1995), un court métrage (Hanging Around, 1996), ainsi que des peintures en collaboration avec David Bowie ou la décoration d’un restaurant branché de Londres.

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    En 2003, il densifie son propos en montrant des monochromes noirs habités de mouches mortes, des reliquaires de martyrs, des vitrines où des têtes de vaches représentent le Christ et les apôtres ; ses installations sont éclaboussées de sang d’animal figé sur le sol ou sur les murs des lieux d’exposition (Blood, 2003). Dans une de ses scènes emblématiques le film The Cell (2000) s’inspire visuellement de l’univers de Damien Hirst.

    Le 21 juin 2007, une de ses œuvres, Lullaby Spring, une armoire à pharmacie métallique contenant 6136 pilules faites à la main et peintes individuellement a été vendue 19,2 millions de dollars (14,34 millions d’euros) par la célèbre salle de vente londonienne Sotheby’s. Il s’agit de la deuxième œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères pour un artiste vivant, après un portrait de Lucian Freud.

    En août 2007, Damien Hirst bat un nouveau record en cédant pour 100 millions de dollars une pièce intitulée For the Love of God, réplique en platine du crâne d’un homme décédé au XVIIIe siècle, incrustée de 8 601 diamants. Le journaliste et critique d’art Ben Lewis (en) révèlera plus tard dans son documentaire L’art s’explose, que l’œuvre, ne trouvant pas acquéreur, a en fait été achetée par un groupe d’investisseurs dont Hirst faisait lui-même partie dans le but, semble-il, de préserver sa cote sur le marché de l’art.

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    Les premières Spot paintings présentent des alignements de points colorés dont les titres évoquent le monde médical, thématique que l’on retrouve dans ses sculptures installations. D’après l’artiste, cette série de Spots paintings parfois appelées Dots paintings, lui ont été inspirées par l’œuvre de Louise Nevelson.

    Les secondes Spin paintings utilisent la force centrifuge. Les toiles de cette série sont de forme circulaire. Damien Hirst déclare avoir découvert ce procédé lors d’un programme télévisé pour enfant. Le Spin art courant issu de l’Action painting est apparu dans les années 1960.

    En septembre 2008, Hirst organise une vente aux enchères de ses œuvres les plus récentes chez Sotheby’s, à Londres, au lieu de passer par le circuit des galeries, lesquelles se sont pourtant imposées depuis le XIXe siècle comme les intermédiaires naturels entre les producteurs et les consommateurs du monde de l’art. Il viole ainsi une règle importante du marché de l’art. La vente est un grand succès et les articles sont vendus au-delà de toutes les estimations.

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    Ben Lewis (en) affirme cependant que les marchands d’arts traditionnels, et notamment Larry Gagosian et Jay Jopling (en), fondateur de la galerie White Cube à Londres, étaient présents à la vente et ont exagérément fait monter les enchères, dans le but de préserver la bulle spéculative autour de l’œuvre de Hirst dont ils possèdent des stocks importants.

    Site de l’artiste damien hirst

  • banksy

    banksy

    Banksy est le pseudonyme d’un artiste connu pour son art urbain et également comme peintre et réalisateur. Dissimulant sa véritable identité, des spéculations sont faites, fondées sur des images prises par des caméras de vidéosurveillance ; il serait originaire des environs de Stoke au Royaume-Uni, serait né en 1974 et se nommerait Robert Banks, ou encore Robin Gunningham. Étant jeune il a fait partie d’un groupe de graffeurs, le Bristol’s DryBreadZ Crew (DBZ). Il aurait été influencé par la scène underground de Bristol et par ses relations entre artistes et musiciens, cette ville ayant donné naissance au mouvement trip hop. C’est à cet endroit que Banksy réalisa ses premières œuvres. Aujourd’hui on peut trouver certaines de celles-ci en galerie, plusieurs ont été vendues, notamment à Christina Aguilera ou encore Kate Moss.

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    Il combine les techniques de Warhol et de l’installation pour faire passer ses messages, qui mêlent souvent politique, humour et poésie comme Ernest Pignon-Ernest, Miss.Tic, Jef Aérosol ou Blek le rat. Les pochoirs de Banksy sont des images humoristiques, parfois combinées avec des slogans. Le message est généralement antimilitariste, anticapitaliste ou antisystème. Ses personnages sont souvent des rats, des singes, des policiers, des soldats, des enfants, des personnes célèbres ou des personnes âgées.

    Il s’est forgé une certaine notoriété dans les milieux alternatifs et les médias traditionnels s’intéressent aussi à lui. Il participe au festival de graffitis Walls on Fire (en 1998, dans le quartier portuaire de Bristol. En 1999, il crée la fresque The Mild Mild West. En 2000, il expose l’ensemble de son œuvre au restaurant Severnshed de Bristol). Il a notamment travaillé sur le film Les Fils de l’homme et a réalisé en 2003 la pochette du disque de Blur, Think Tank.

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    En 2004, il fait imprimer des faux billets de 10 livres. À la place de l’effigie de la reine d’Angleterre, se trouve celle de Lady Diana. Il change également le « Bank of England » par « Banksy of England ». Il en disperse la plupart lors du carnaval à Notting Hill. En 2005, lors de son exposition Crude Oils, il détourne les tableaux de Claude Monet ou de Vincent van Gogh et à cette occasion, il libère 200 rats.

    Banksy a fondé le projet « Santa’s Ghetto » en réalisant des peintures sur le mur de Bethléem et aux abords du camp d’Aida afin de redonner espoir aux habitants palestiniens. En 2005, avec l’aide d’autres artistes, comme Ron English, un Américain, le mur de séparation prend petit à petit les couleurs d’une toile artistique géante, comme avec l’image de la petite Vietnamienne brûlée au napalm qui tient par la main Mickey Mouse et Ronald McDonald.

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    Concernant ce projet, Banksy raconte dans son livre Wall & Piece, qu’un jour, alors qu’il peignait sur le mur de séparation, un habitant est venu lui dire : « vous embellissez le mur ». Banksy, flatté : « Merci, c’est gentil », fut aussitôt coupé par le vieil homme : « On ne veut pas que ce mur soit beau, on ne veut pas de ce mur, rentrez chez vous ».

    En septembre 2006, il place une poupée gonflable en taille réelle à Disneyland (Californie) qui porte un uniforme orange comme ceux de Guantanamo.

    Au cours de l’été 2009, une importante exposition lui a été consacrée au Musée de Bristol, en Angleterre, avec plus de 100 œuvres, et qui aura accueilli plus de 300 000 visiteurs pendant 12 semaines.

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    Site de Dismaland

    En 2010 sort le film Faites le mur ! (Exit Through the Gift Shop), réalisé par Banksy lui-même et présenté au Festival du film de Sundance, ainsi qu’à la Berlinale. Il fut d’ailleurs nommé grâce à celui-ci pour l’Oscar du meilleur film documentaire en janvier 2011. Le film présente des artistes comme Invader et Shepard Fairey, tous supposément filmés par Thierry Guetta, qui tente lui aussi de devenir un artiste urbain. Il s’attaque aux studios de la Fox, en détournant le générique des Simpson.

    En 2011, juste après les émeutes qui ont secoué le Royaume-Uni, il diffuse sur Channel 4 un documentaire sur la désobéissance civile intitulé The Antics Roadshow.

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    En 2013, à partir du 1er octobre, il réalise des œuvres à New York, mêlant graffitis et installations dans des camions. Il intitule cette prestation Better out than in. Son premier graffiti est rapidement vandalisé. Il est aussi, à cette occasion, pisté par les fans. L’un d’eux dépose un pisteur dans un des camions qu’il a redécoré , tandis qu’un autre diffuse une photo d’une personne qui serait Banksy prise alors qu’un de ses camions était tombé en panne.

    Site de l’artiste

  • Fabrice Hybert

    Fabrice Hybert

    Fabrice Hyber, de son vrai nom Fabrice Hybert, est un artiste français touche-à-tout, né le 12 juillet 1961 à Luçon, en Vendée.

    Il a fait ses études à l’École des Beaux-Arts de Nantes. Artiste de renommée internationale, Fabrice Hyber intervient dans des domaines et sur des supports très divers. Présent depuis une vingtaine d’années sur la scène artistique internationale, il procède par accumulations, proliférations, hybridations et opère de constants glissements entre les domaines du dessin, de la peinture, de la sculpture, de l’installation, de la vidéo mais aussi de l’entreprise et du commerce.

    Son parcours est significatif d’un questionnement sur les réalités de l’art. Esprit prodigieusement inventif, inséré dans le système, les utilisant tout en les récusant.

    L’artiste laisse en suspend la question de ses volontés, de ses envies, de ce qu’il propose au regard du spectateur, de la réponse qu’il espère. Fabrice Hyber est un entrepreneur et s’intéresse au commerce qu’il développe en parallèle. Le mot Art est un nom propre désignant toute la famille d’entreprises à venir. En 1988, il se fait directeur d’une société anonyme à responsabilité limitée. Il revend les objets qu’il invente.  Comme les bonbons très bons, ou il va travailler avec des biochimistes pour utiliser des algues afin que le produit puisse être absorbé par les deux extrémités du système digestif. Il définit le commerce comme : « un moyen permettant d’assouplir nos limites par mélange d’humeur » Commercer c’est avant tout créer des relations entre individu.

    En tant qu’artiste, Fabrice Hubert prend le parti du rire. Les textes qui accompagnent ses œuvres font partie prenante de l’œuvre et c’est par eux-même que Fabrice Hybert est considéré et jugé en tant qu’artiste. « Je fais toujours de la peinture, mais ce qui me porte dans la peinture, ce n’est pas le fait de faire de la peinture. C’est le comportement qui m’amène à en faire. Les glissements, les erreurs, les constructions.. »

    Hybert a un travail honnête et réfléchi. Il questionne. L’expérience chez lui ne cherche pas à réitérer un résultat mais plutôt à expérimenter l’expérience. Tout événement est pour lui susceptible de donner naissance à un comportement, et pas simplement l’art.

    Sa pensée est soucieuse de la transformation, ouverte au processus d’échange et de mutation.

    C’est au cours de sa 44e année, Fabrice Hybert prend la décision d’ôter le T de son nom.  Il s’agit d‘une véritable décision artistique. En rapport avec le titre de ses œuvres, « hybertmaché, hybertvitesse », le T posait problème. Lorsqu’un ami lui suggère de l’ôter. Hyber sans majuscule devient alors un hyberlatif.

     

    Site de l’artiste

  • Présence Panchounette

    Présence Panchounette

    De 1969 à 1990, Présence Panchounette (Christian Baillet, Pierre Cocrelle, Didier Dumay, Michel Ferrière, Jean-Yves Gros, Frédéric Roux, Jacques Soulillou, sans compter quelques ustensiles) va tenter de semer une gaie zizanie au sein d’un monde de l’art confit dans le puritanisme.

    Artistes d’attitude pour lesquels l’œuvre n’est pas essentielle (sinon négligeable), adeptes du métissage avant l’heure, pratiquants émérites du n’importe quoi/n’importe comment, du vite fait/mal fait et du jamais fini ; idiots malins, un peu (beaucoup) plus cultivés que la moyenne de leurs collègues (pas très cultivés, il est vrai), ils n’auront de cesse de semer la confusion et le malaise (« Sont-ils cons ou font-ils semblant ? ») par le biais d’expositions conçues comme des performances hystériques et de communiquer sur le moda da l’insulte (vieille tradition surréaliste) et de l’excommunication (leur côté secte).

    Curieux des marges, fervents du « mineur », ils auront toujours préféré Laurel et Hardy à Gilbert et George, Alphonse Allais à Malevitch, et les bretelles aux Burlington ; appris l’art contemporain en regardant Mondo Cane et le body-art en écoutant Claude Darget commenter les combats du marquis de Lassartesse (et son valet Firmin) ; défailli à l’Eurovision plutôt qu’à la Scala de Milan, avant de découvrir le ready-made au fin fond des jardins de banlieue (un simple puits en pneus et son toit niais).
    Leur statut a toujours hésité entre celui de terroristes balourds (« Et Bing et Bang ! ») et de pitres roublards (« Vas-y, r’joue moi-z’en d’la trompette ! »). Punks diesel, amateurs de contre-pieds et de crocs-en-jambe, ils tenteront de surnager dans un océan de contradictions, de malentendus et de paradoxes avant de finir en beauté en se sabordant au plus fort de leur succès.

    A la Mauvaise Réputation, ils montrent une interprétation toute littérale du célèbre tableau de Magritte (« Ceci n’est pas une pipe ») et quelques marginalia (tracts, affiches, envois postaux et autres curiosités).

    Frédéric ROUX