Tag: performance

  • McCarthy

    McCarthy

    Paul McCarthy

    Paul McCarthy est élève dans plusieurs lycées de l’Utah. En 1959, il réalise sa première sculpture en plâtre, Henry Moore bound to fail et, en 1964-1965, découvre le pop art et plus particulièrement le travail de Robert Rauschenberg à partir de matériaux de récupération.

    Il étudie les arts à l’Université d’Utah en 1969. Il y fait la connaissance de Ralvo Puusemp qui lui fait découvrir Donald Judd et Yves Klein. En 1966, le département d’arts de l’université crée une section de cinéma expérimental où il découvre les films de Bruce Conner, Kenneth Anger, Jean-Luc Godard, Ingmar Bergman et Andy Warhol et fait la connaissance de Stan Brakhage. En 1966-1967, il s’intéresse à Gutaï, Yoko Ono, Ortiz, Gustav Metzger, Allan Kaprow, Wolf Vostell, puis découvre le travail de Bruce Nauman en 1967. Il commence à réfléchir à l’utilisation de la vidéo mais se heurte à la difficulté de se procurer les moyens techniques nécessaires et commence par tourner quelques films expérimentaux.

    paul-mccarthy

    En 1968, il s’installe en Californie à San Francisco avec l’intention de faire des films. Il étudie au San Francisco Art Institute, dans l’espoir d’y trouver une scène plus expérimentale que dans l’Utah, mais où il découvre en fait une école de peinture, très marquée par l’héritage de l’expressionnisme abstrait californien et que Bruce Nauman a quittée pour aller enseigner à Los Angeles. Il obtient un Bachelor of Fine Arts en peinture et prend part à la vie des communautés d’artistes de San Francisco.

    Au printemps 1969, Paul McCarthy rentre en Utah. Ne s’étant pas fait recenser pour la guerre du Viêt Nam, il n’a été retrouvé par l’armée qu’après avoir passé son diplôme de l’Art Institute ; lorsqu’il est appelé sous les drapeaux en 1969, il refuse d’être incorporé et passe un an dans sa famille à tenter de se faire exempter par le conseil de révision. Il s’installe ensuite à Los Angeles et, en 1972, il est accepté à l’University of Southern California, qui possède alors une excellente école de cinéma, tournée vers Hollywood. Il y étudie à la fois dans le département d’art et dans le département de cinéma et obtient un Master of Fine Arts. Il rêve alors de « faire des films expérimentaux au sein de l’industrie du cinéma, en [s]’appropriant l’industrie ; le rêve idéaliste d’une reprise en main […] une pensée utopique et idéaliste ». Mais son travail, basé sur l’exécution de tâches (tasks), la répétition et le corps, n’intéresse pas beaucoup l’école de cinéma de l’université, qui ne partage pas davantage son intérêt pour la vidéo.

    De 1982 à 2002, il enseigne l’histoire de l’art performance, la vidéo ou la réalisation d’installations artistiques à l’Université de Californie à Los Angeles.

    paul-mccarthy
    paul-mccarthy
    paul-mccarthy

    Paul McCarthy a réalisé des sculptures gonflables dont la forme insolite rappelle un plug. Cependant, la directrice artistique Jennifer Flay et l’artiste jugent ces œuvres suffisamment ambiguës pour pouvoir être regardées d’une autre façon et ne pas choquer la personne qui les regarde. Ces sculptures sont en plastique gonflable, le matériau utilisé étant le BoPET . Elles sont inspirées d’œuvres de Constantin Brâncuși. En 2001, il crée pour une exposition dans la ville de Rotterdam Santa Claus, une sculpture, de couleur noire, en forme de gnome arborant un plug et une cloche ; la sculpture est décrite comme amicale.

    En 2007, il crée Brancusi tree, de couleur argentée de 2 m de hauteur en BoPET. En dehors des plugs, Paul McCarthy explore d’autres possibilités de sculptures similaires : il crée par exemple une statue en forme de pile d’excréments intitulée Complex Pile et installée à Hong Kong pour une exposition intitulée Inflation!. Il réalise également des cochons gonflables, notamment une statue où un premier cochon monte le dos de son partenaire, sa tête coupée.

    paul-mccarthy
    paul-mccarthy

    Une exposition est organisée en été 2009 à Utrecht, Air Pressure, à l’occasion du 370e anniversaire de l’université d’Utrecht, présentant des sculptures gonflables principalement créées entre 2005 et 2007 à Anvers. Une critique note le contraste entre les jardins institutionnels et traditionnels et le politiquement incorrect des œuvres comme l’un des aspects les plus terrifiants de l’exposition.

    paul-mccarthy
    paul-mccarthy

    Pour McCarthy, l’ennemi a de grandes oreilles et un short court : c’est Mickey et son créateur Walt Disney. D’un coup de palette magique, l’artiste transforme le monde merveilleux en jardin des enfers interdit aux mineurs. Popeye et Olive sont défigurés, les gentils ours et les lapins se livrent à une partie de jambes en l’air, Pinocchio fait des trucs cochons. Sous le masque, McCarthy lui-même, se lâche.

    « Disneyland m’intéresse à plein de niveaux. D’abord parce que c’est un monde artificiel en vase clos, un monde faussement parfait et fermé. Les gens partent en vacances à Disneyland, comme s’ils allaient dans un autre pays, et même comme s’ils quittaient la Terre et partaient vers une autre réalité. Une réalité habitée par des extra-terrestres qui sont Donald et Mickey. Ce côté paradis artificiel m’a toujours intéressé. Et puis il y a aussi la disposition de Disneyland : c’est encerclé de montagnes et de collines, il faut passer par une porte pour y entrer et ces collines le séparent du reste du monde. »

    Pour l’historien de l’art Jean Clair, Paul McCarthy s’inscrit dans la « tradition du market art, de certains milieux qui fabriquent de l’art comme on fabrique de l’automobile », plus précisément dans « un filon qui court autour de la scatophilie et de la copromanie », dont, selon le jugement de l’académicien, il serait l’exemple « le plus médiocre et le moins intéressant ». Pour le critique Laurent Dandrieu, McCarthy ne serait qu’un « spécialiste de happenings où la platitude le dispute à l’obscénité ».

    paul-mccarthy
    paul-mccarthy
    paul-mccarthy

    Le quotidien Libération avance que McCarthy aurait l’avantage de rendre « fou furieux à la fois les tenants de l’ordre et ceux d’un libéralisme décomplexé, c’est qu’en exhibant de la «merde» symbolique comme résultat de notre société de consommation, il défie à la fois le retour à l’ordre moral et met à jour la production de l’homme comme déchet ».

    paul-mccarthy
    paul-mccarthy

    Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine à l’université Paris Ouest Nanterre, condamne la « tentation totalitaire » de cet art contemporain qui n’admet pas les critiques. Il range McCarthy dans la catégorie des « rebelles subventionnés », qui regrouperait les « artistes qui utilisent au mieux les ressorts de la pub, créent un scandale pour choquer la « France moisie » et empochent le produit de leur provocation ».

    paul-mccarthy
    paul-mccarthy

    Interview de l’artiste


    Interview 1


    Interview 2

    © – Paul McCarthy

  • Pierre Huyghe

    Pierre Huyghe

    Pierre Huygue


    Pierre Huyghe, né en 1962 à Paris, est l’un des artistes contemporains les plus novateurs et influents de sa génération. Son travail transcende les frontières entre les disciplines artistiques, explorant les concepts de temporalité, de mémoire et de réalité à travers une variété de médiums, notamment la vidéo, l’installation, la performance et la sculpture. Dans cet article, nous plongerons dans l’univers fascinant de Pierre Huyghe, en examinant à la fois sa vie et son œuvre.

    La vie de Pierre Huyghe : Une quête constante d’exploration artistique

    Pierre Huyghe a étudié à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il a été profondément influencé par les mouvements artistiques contemporains et les idées émergentes. Sa formation artistique l’a conduit à développer une approche multidisciplinaire de la création, combinant des éléments de l’art contemporain, de la philosophie et des sciences cognitives.



    Les débuts de sa carrière : Une exploration de la réalité et de la perception

    Les premières œuvres de Pierre Huyghe étaient souvent caractérisées par leur exploration de la réalité et de la perception. Ses installations et ses performances remettaient en question les notions traditionnelles de temps et d’espace, invitant le spectateur à remettre en question sa propre compréhension du monde qui l’entoure. Parmi ses premières œuvres les plus célèbres figurent “The Third Memory” (1999), une installation vidéo qui explore les multiples interprétations d’un événement historique, et “L’Expédition scintillante” (2002), une performance immersive qui défie les limites entre le réel et le fictif.



    L’ évolution de son œuvre : Vers une exploration plus conceptuelle

    Au fil des ans, le travail de Pierre Huyghe a évolué vers une exploration plus conceptuelle de thèmes tels que la mémoire collective, la biologie et l’écologie. Ses installations éphémères et ses interventions dans l’environnement naturel ont suscité une réflexion profonde sur la relation entre l’homme et la nature, ainsi que sur les implications de nos actions sur l’écosystème mondial. Des œuvres telles que “Untilled” (2011), une installation en constante évolution mettant en scène un paysage sauvage peuplé de plantes et d’animaux, illustrent son engagement envers une esthétique écologique et participative.





    L’héritage de Pierre Huyghe : Une influence durable sur l’art contemporain

    L’œuvre de Pierre Huyghe a eu un impact significatif sur la scène artistique contemporaine, influençant de nombreux artistes et théoriciens avec son approche innovante et interdisciplinaire. Son engagement envers l’exploration des frontières de l’art et de la perception continue d’inspirer une nouvelle génération d’artistes à repousser les limites de la pratique artistique.



    Conclusion : Une invitation à l’exploration

    En conclusion, l’œuvre de Pierre Huyghe incarne une quête constante d’exploration et d’innovation, repoussant les limites de la pratique artistique et invitant le spectateur à remettre en question ses propres perceptions et croyances. À travers ses installations, ses performances et ses interventions dans l’environnement naturel, Huyghe offre une vision unique du monde qui nous entoure, stimulant la réflexion et l’imagination. En tant qu’artiste visionnaire, il laisse derrière lui un héritage durable, façonnant le paysage de l’art contemporain pour les générations à venir.









    Chantal Crousel


    Marian Goodman

    © Pierre Huyghe

  • Boris Achour

    Boris Achour

    Boris Achour, né à Marseille en 1966, est un artiste français. Il est cofondateur, en 1999, de Public, à Paris, un espace d’art contemporain géré par des artistes et curateurs indépendants. En 2002, il cofonde Trouble, une revue d’essais critiques, avec Claire Jacquet, François Piron et Émilie Renard, qui sont rejoints, en 2005, par Guillaume Désanges.

    cosmos 1999-SOMMES-2

    Il enseigne à l’École nationale supérieure d’arts de Cergy-Pontoise depuis janvier 2010.

    Les actions-peu sont des interventions anonymes et éphémères réalisées dans l’espace public, le plus souvent avec des éléments trouvés sur place. Les premières ont été photographiées et présentées sous forme de diaporama. À partir de 1995, elles ont été filmées en vidéo.

    1993-ACTIONS-PEU-02 1993-ACTIONS-PEU-20 1996-ALIGNEUR-DE-PIGEONS

    En 2012 dans le cadre de son œuvre “séances “(Un spectacle en forme d’exposition, une exposition sous forme de spectacle, un récit sous forme d’images de sons et de sculptures, un montage d’éléments hétérogènes, construit par le spectateur.) Boris dit : « j’ai envie de développer et de mêler certains des aspects les plus importants de mon travail de ses dernières années. J’ai envie d’échelles spatiales et temporelles différentes. J’ai envie de proposer une forme qui s’apparente autant au spectacle qu’à l’exposition. J’ai envie d’un récit qui puisse être raconté avec autre chose que des images ou des mots. »

    OLYMPUS DIGITAL CAMERA
    OLYMPUS DIGITAL CAMERA

    JOUER AVEC DES CHOSES MORTES

    Œuvre-exposition au sein de laquelle le spectateur déambule dans un environnement plongé dans la pénombre où seuls des objets souvent hors d’échelle – une saucisse géante, des barrières de jardin, un iceberg, des sacs, un pupitre, des massifs de fleurs – sont éclairés de manière théâtrale. Sur un écran suspendu est projeté un film montrant cinq personnages manipulant méthodiquement chaque sculpture, dans une indétermination volontaire entre la pantomime, le burlesque ou la danse. Le film propose au spectateur, qui y reconnaît les objets présents dans l’espace, un rapport perturbé à la temporalité : quelque chose a eu lieu, ou pourrait avoir lieu. Jouer avec des choses mortes offre une expérience physique et temporelle qui associe de manière improbable l’esthétique des jeux télévisés, la sculpture minimale, les décors et éléments de spectacles d’écoles maternelle et de parcs d’attractions.

    Capture d’écran 2015-06-20 à 10.46.17 Capture d’écran 2015-06-20 à 10.46.46 Capture d’écran 2015-06-20 à 10.46.29

    Ce à quoi il ajouta qu’il souhaité développer des collaborations avec des écrivains, desdanseurs, des acteurs et des musiciens.

    Aussi Boris Achour, mène son œuvre vers un objectif différent, il désire inventer de nouveaux modes de travail, de production et de diffusion.

    Capture d’écran 2015-06-20 à 10.41.45 Capture d’écran 2015-06-20 à 10.41.27  1999-SOMMES-2

     

    © Boris Achour

    Site de l’artiste

  • Ai Weiwei

    Ai Weiwei

    [symple_divider style=”solid” margin_top=”10″ margin_bottom=”10″]

    [symple_spacing size=”20″]

    Ai Weiwei (chinois : 艾未未), né le à Pékin, est un des artistes majeurs de la scène artistique indépendante chinoise, à la fois sculpteur, performer, photographe, architecte, commissaire d’exposition et blogueur.

    Il est le fils du poète et intellectuel Ai Qing (1910-1996), et demi-frère du peintre Ai Xuan. Il est marié à l’artiste Lu Qing. Il a un fils, Ai Lao.

    Ai Weiwei - Template - 2007
    Ai Weiwei – Template – 2007

    ai_weiwei_installation_11_web ai_weiwei_map_of_china_01_web_0 ai-weiwei1-e1329831911628

    Ai Weiwei Piles 1,200 Bikes On Top Of Each Other, For Dazzling Effect

    Ai Weiwei, Urne de la dynastie Han avec un logo Coca-Cola, 1994
    Ai Weiwei, Urne de la dynastie Han avec un logo Coca-Cola, 1994
    Ai Weiwei, Étude de perspective — Tiananmen, 1995-2003 © Ai Weiwei
    Ai Weiwei, Étude de perspective — Tiananmen, 1995-2003 © Ai Weiwei
    Ai Weiwei, Photographies du blog 2005-2009
    Ai Weiwei, Photographies du blog 2005-2009

    Architecte, il a été conseiller artistique pour le cabinet d’architecture suisse Herzog & de Meuron lors de la réalisation du stade national de Pékin construit pour les Jeux olympiques d’été de 2008.

    Il est l’un des 303 intellectuels chinois signataires de la Charte 08. Dans son classement annuel, le magazine Art Review l’a désigné comme la figure la plus puissante de l’art contemporain en 2011 : « Son militantisme a rappelé comment l’art peut atteindre un large public et se connecter au monde réel ».

    Ai Weiwei - Sunflower Seeds - 2010
    Ai Weiwei – Sunflower Seeds – 2010
    Ai Weiwei - Sunflower Seeds au Turbine Hall de la Tate Modern, octobre 2010.
    Ai Weiwei – Sunflower Seeds au Turbine Hall de la Tate Modern, octobre 2010.

    Ai Weiwei a été arrêté par la police le , officiellement pour évasion fiscale, et libéré sous caution le , après 81 jours d’enfermement dans un lieu inconnu et des conditions dégradantes, ce qui avait soulevé une vague d’indignation à travers le monde. Il reste en liberté conditionnelle et ne peut quitter Pékin sans autorisation.

    Ai Weiwei - 886 tabourets en bois antique -Bang - pavillon allemand de la Biennale d'Art de Venise 2013
    Ai Weiwei – 886 tabourets en bois antique -Bang – pavillon allemand de la Biennale d’Art de Venise 2013
    Ai Weiwei - 886 tabourets en bois antique -Bang - pavillon allemand de la Biennale d'Art de Venise 2013
    Ai Weiwei – 886 tabourets en bois antique -Bang – pavillon allemand de la Biennale d’Art de Venise 2013

    © Ai Weiwei

    Site de l’artiste

  • Chris Burden

    Chris Burden

    [symple_divider style=”double” margin_top=”10″ margin_bottom=”10″]

    Chris Burden a étudié les arts visuels, la physique et l’architecture à l’université de Pomona et à l’Université de Californie à Irvine, de 1969 à 1971. En 1978, il devient professeur à l’Université de Californie à Los Angeles.

    Il démissionne en 2004 suite à une polémique relative aux allégations de l’université : l’exécution d’une performance, qui faisait écho à une des œuvres de Burden par un étudiant, aurait mis en danger plusieurs membres du corps enseignant, dont Burden (aucun de ceux qui étaient présents à l’évènement). La performance utilisait un pistolet chargé, ce que les autorités ne pouvaient pas justifier.

    La réputation de Burden comme artiste de performance a commencé à se développer au début des années 1970, après une série de performances controversées dans lesquelles l’idée du danger personnel en tant qu’expression artistique était centrale. Son action la plus connue à cette époque est peut-être la performance Shoot qui a été faite à Santa Ana, en Californie en 1971, où il s’est fait tirer une balle dans le bras gauche par un aide à une distance d’environ cinq mètres. Autres performances des années 1970 : Five Day Locker Pièce (1971), Deadman (1972), B.C. Mexico (1973), Fire Roll (1973), TV Hijack (1978) et Honest Labor (1979).

    À partir de 1975, il réalise moins de performances et commence une période où il crée des installations et des objets traitant de la science et de la politique. En 1975, il crée la B-Car, un véhicule léger à quatre roues, complètement opérationnel, qu’il décrit comme pouvant « voyager 100 milles par heure et réaliser 100 milles par gallon ».
    Un autre travail de cette époque est DIECIMILA (1977), un fac-similé d’un billet de banque italien de 10 000 lires, peut-être la première impression d’art (comme l’argent papier) qui est imprimée sur les deux côtés du papier. The Speed of Light Machine (1983) reconduit une expérience scientifique avec laquelle on « voit » la vitesse de la lumière. L’installation C.B.T.V. (1977), est une reconstruction de la toute première télévision.

    En 2005, Burden, après une navigation en solitaire sur un yacht spécialement aménagé, a accosté à Newcastle le 28 juillet, un voyage de cinq jours et de 330 milles, depuis les Shetland. Le projet a coûté 150 000 livres sterling, et a reçu une contribution significative du Arts Council England ; il a été conçu et réalisé avec l’aide du département de technologie marine de l’université de Southampton. Il était commandé grâce à des ordinateurs et un système de GPS, toutefois le bateau était accompagné, « en cas d’urgence », par un bateau de soutien.

    Chris Burden est marié à l’artiste multimédia Nancy Rubins.

  • Jordi Colomer

    Jordi Colomer

    Jordi Colomer étudie à l’École d’art et de design Eina à Barcelone. Puis, il étudie l’histoire de l’art et l’architecture à l’université de Barcelone. Il s’intéresse à la planification architecturale dans l’urbanisme.

    Colomer expose pour la première fois à la Fondation Miró en 1986 (Prototips Ideals). Il montre des sculptures faites à partir de maquettes d’architecture utopiste dénaturées.

    Il étudie ensuite le cinéma expressionniste allemand et réalise des scénographies pour le théâtre (pièces de Beckett, Novarina et Joan Brossa ainsi qu’un opéra de Robert Ashley).

    Une série d’installations est présentée au Musée d’art contemporain de Barcelone entre 1997 et 2000 où la vidéo s’intègre alors à la sculpture, à la scénographie et à l’architecture. Dans Simo (1997), la caméra passe sans cesse d’un espace à un autre espace, que la protagoniste remplit ou vide d’objets, qui est indistinctement extérieur et intérieur, privé et public, théâtre et coulisse. Pianito (1999), les jumelles (2001), ou Le dortoir (2002) sont d’autres vidéos, toujours présentées dans une salle de projection singulière, qui correspondent à cette période d’œuvres tournés dans des décors et espaces clos.

    Colomer entreprend une série de voyages à travers la France, le Brésil, la Roumanie, le Japon, le Yémen, le Mexique dont sont issues les œuvres Père Coco (2002), Anarchitekton (2002-2004), “un crime” (2005), Arabian Stars (2005), No Future (2006), Avenida Ixtapaluca (2009). Il s’agit de performances avec des acteurs non professionnels filmés dans des espaces architecturaux monumentaux ou désertiques.

    Anarchitekton est un travail sur quatre grandes grandes villes (Barcelone, Bucarest, Osaka, Brasilia). Le terme vient de Anarchitecture, un groupe fondé par l’artiste américain Gordon Matta-Clark et fait allusion aux Architektons de Kazimir Malevitch.

    Dans Arabian Stars, des performers yéménites improvisés marchent face à la caméra avec des pancartes en carton mentionnant en arabe les noms d’icônes de la culture mondiale telles que Mies van der Rohe, James Bond, Mohamed Ali, Homer Simpson…

    En 2008, est tourné dans le désert d’Atacama au nord du Chili le projet En la Pampa où un couple est filmé dans son errance dans ces espaces inhabités, et en train de dialoguer de façon improvisée. L’installation est présentée à la Galerie nationale du Jeu de Paume à l’automne 2008 dans le cadre d’une rétrospective consacrée à Colomer.

    Site de Jordi Colomer

    ©JordiColomer

  • ADEL ABDESSEMED

    ADEL ABDESSEMED

    Elève de l’École des Beaux-Arts d’Alger, Adel Abdessemed quitte l’Algérie en 1995. Il poursuit ses études aux Beaux Arts de Lyon. Il a ensuite séjourné et exposé à New York en 2001.

    Abdessemed utilise la vidéo, la photographie, la sculpture, le dessin. Il s’intéresse aux limites sociales politiques et culturelles dans les sociétés musulmanes et occidentales. Souvent en réaction à des situations vécues, il aborde la question des contraintes liées à l’identité culturelle politique ou spirituelle des sociétés, tant au coeur même des cultures, qu’elles soient occidentales, islamiques ou autres, que dans l’hybridation de celles-ci. Une mixité dont lui-même enrichit ses réflexions mais subit parfois aussi les injustices.

    Dans ses vidéos, il met en évidence les tensions générées par la globalisation. Ainsi, dans «Pressoir fais-le», un citron écrasé par son talon est emblématique de cette pression. Dans une autre pièce «Mohammedkarlpolpot», ce mot composé à partir de Mahomet, Karl Marx et Pol Pot écrit sur une feuille de papier déchirée, il dénonce les formes d’oppression liées à ces personnalités.

    Un des sujets récurrents est celui du corps libéré des contraintes de la culture, la religion, la politique, les a priori idéologiques des sociétés… Dans la vidéo «Chrysalide», il libère consciencieusement une jeune femme, ligotée de la tête aux pieds d’un mince fil noir. Ses oeuvres croisent métaphores et références historiques, avec des éléments biographiques. Il oppose souvent au diktat des tabous et des interdits, la vérité simple et indestructible du plaisir dionysiaque d’être.

    À la Biennale de Venise, en 2003, il filme une performance où neuf couples font l’amour dans une galerie. Ce n’est pas la seule de ces œuvres où il met en jeu la nudité des corps. On retrouve cette nudité filmée avec le maximum d’objectivité dans les vidéos «Joueur de flûte» ou «Passé simple». Lorsqu’il filme ces corps, cela reste très pudique avec une forte charge poétique et émotionnelle.

    Certaines pièces ont marqué grâce à leur force, comme «Habibi» en 2004, sculpture d’un squelette énorme de 17 m de long.

    https://www.youtube.com/watch?v=LoG_SrJSXwQ

  • Matthew Barney

    Matthew Barney

    Joueur de football américain accompli dans son lycée de l’Idaho, il découvre l’art et les musées lors de visites à sa mère divorcée à New York.

    Il fait des études de médecine et, diplômé de Yale en 1991, il débute dans le milieu de l’art par l’entremise de la galeriste Barbara Gladstone et connaît rapidement le succè. Il a vécu avec la chanteuse islandaise Björk, avec qui il a une fille, Isadora, née en 20021. Il vit et travaille à New York.

    Matthew Barney est le lauréat du Prix Europa 2000 du meilleur jeune artiste (doté de 25 millions de lires) à la 45e Biennale de Venise en 1993. En 1996, il fut le premier bénéficiaire du Prix Hugo Boss, attribué par la fondation Guggenheim.

    Ses premières œuvres s’inscrivent dans le droit-fil du body art et à partir de 1994, il fait appel à l’installation, au dessin, à la photographie, à la performance et à la vidéo.

    Connu pour son cycle de cinq films, Cremaster réalisés de 1994 à 2002, dans lesquels il met en scène de manière surréaliste des danseuses, le Chrysler Building, des pilotes automobiles, etc., et s’interroge sur la non-différenciation des sexes, les cyborgs une humanité mutante. Ces cinq films sont prédominés par l’utilisation de matières malléables comme le plastique, la résine, la cire. Cremaster est le nom du muscle qui, contractant les testicules sous l’effet du froid ou de la peur, protège les spermatozoïdes des variations de température. Il faut noter que la numérotation des films ne suit pas l’ordre chronologique.

    Sa dernière œuvre, intitulée Drawing Restraint 9, est sortie au printemps 2006. Matthew Barney et sa compagne, la chanteuse islandaise Björk, sont les deux acteurs principaux du film, se déroulant sur un baleinier au Japon. Björk en a également composé la bande originale.

     

     

    Site de l’artiste

  • Bruce Nauman

    Bruce Nauman

    Artiste aux pratiques variées, il arrête de peindre en 1965 et commence la fabrication de sculptures, d’objets et de montages vidéo dans son atelier à San Francisco. Plus de soixante de ses travaux sur le thème du corps et ses déplacements seront publiés entre 1966 et 2005. Accordant autant d’importance au procédé utilisé qu’au message transmis, Bruce Nauman se questionne la finalité de ses créations. Il déclare présenter et non produire des objets. Une plus grande importance est ainsi accordée au processus créatif minimisant l’importance esthétique de l’objet final. Vision artistique que l’on retrouve chez d’autres artistes tels que Vito Acconci et Eva Hesse. L’objet devient expression d’une volonté artistique.

    Il commencera à travailler sur des supports organiques comme des moules en cire ou en fibre de verre afin de “fossiliser” certaines parties de son corps. Il réalise plusieurs modèles qui lui permettent de mettre en place un jeu de transparence et d’opacité entre les différentes sculptures. Dès ses premières réalisations Bruce Nauman s’intéresse à l’aspect brut et non fini de la matière. Créations qu’il exposera pour la première fois au coté de trois autres artistes en 1966. Dès 1967, il inaugure une réflexion plastique et théorique à propos de son propre corps qu’il découpe en morceaux, tête en bas ou coupée, membres disloqués.

    Plaçant l’anthropomorphisme au centre de sa réflexion artistique, Bruce Nauman est l’auteur d’un grand nombre de performances vidéo. Vidéos dans lesquelles l’artiste se met en scène, s’interrogeant sur son propre corps et son mouvement. Cette recherche artistique se traduit par la publication d’une série de vidéos, de 1967 à 1969, dans lesquelles, il transforme son corps en matière manipulable, sujet à une gestuelle répétitive. Pour la réalisation de ses vidéos, telle que Walking in an Exaggerated Manner Around the Perimeter, dans laquelle il déambule dans son atelier en accentuant ses mouvements, Bruce Nauman s’inspire du travail de Meredith Monk, musicienne, chorégraphe et auteur d’happening d’avant garde depuis 1962.

    https://www.youtube.com/watch?v=oDhuZ2Ya2wM

    Intéressé par le corps humain, Bruce Nauman invite les spectateurs à participer à ses performances. Le corridor de 1969, exposé au Guggenheim de New York, invite le « regardeur » à devenir acteur. Celui-ci est amené à parcourir l’espace proposé par l’artiste, un couloir exigu (50.8×24.8×60.9) dans lequel son corps sera contraint à l’immobilité. Observé depuis une installation vidéo connecté à un écran, le performeur est spectateur de son propre corps. Confronté à l’étroitesse de l’installation, la sensation d’angoisse au sens étymologique du terme latin « angustu » (lieu étroit) est mis en scène. Créant un état de mal être, Bruce Nauman expose sa volonté de provoquer le spectateur afin de dénoncer la condition humaine de son temps.

    Plus tard, au travers de ses montages vidéo se manifeste le concept du corps comme langage. Concept qui s’appuie sur les textes de Ludwig Wittgenstein, philosophe autrichien travaillant sur la philosophie du langage et la recherche de la vérité. Influencé par sa rencontre avec John Cage et Merce Cunningham, il répètera des fragments de gestes du quotidien ou des phrases simples, dans de nombreuses performances jouant ainsi sur le langage avec notamment des syllabes empruntées à son nom. Il jouera avec les lettres de l’alphabet à partir d’installations de néons.

    Dans les années 1970 et 1980, on verra Nauman utiliser la spirale de néon qu’il associera à des situations violentes et/ou sexuelles et provocantes. Il crée ensuite des carrousel.

    En 1990, il revient au corps violent et filme en gros plan la tête d’un acteur tournant comme un gyrophare tandis qu’il prononce des déclarations violentes : “Hit me ! Beat me !” etc.

    Lorsqu’il parle de son travail, il explique : « Fondamentalement, mon œuvre est issue de la colère que provoque en moi la condition humaine. Ce qui me met en fureur, c’est notre capacité de cruauté, la faculté qu’ont les gens d’ignorer les situations qui leur déplaisent. Ce qui me fascine aussi, c’est de voir comment la colère ordinaire, et même la haine que l’on peut ressentir pour quelqu’un, se transforme en haine culturelle. »

    Dessinateur, il a aussi réalisé une œuvre graphique dans laquelle on retrouve sa passion pour les fragments de corps, les signes et l’écriture.

    Ses expositions
    Il réalise sa première exposition à l’age de 25 ans et entend provoquer et choquer afin d’attirer l’attention et la réflexion sur son travail. En 1967 il entame sa pensée esthétique à travers les membres éparpillés de son corps, moulés dans de la cire et du plastique. Il inaugure une réflexion plastique et théorique de son propre corps qu’il découpe en morceaux, tête en bas ou coupée, membres disloqués.
    Il réalise ensuite sa première exposition collective ”Eccentric Abstraction” à la galerie Nicholas Wilder de Los Angeles.

    Dernières expositions
    > En 2010: Vice et Volupté. Les 7 péchés capitaux de Dürer à Nauman – Zentrum Paul Klee et Musée des Beaux-Arts de Berne.
    > En 2010: La collection oeuvres de Bruce Nauman – MAC Lyon.
    >En 2008: Drawings for Installations, Sperone West Water , New York (Etats-Unis).

  • Francis Alÿs

    Francis Alÿs

    Francis Alÿs, de son vrai nom Francis De Smedt, naît en 1959 à Anvers et grandit dans le pajottenland. De 1978 à 1983, il suit une formation d’architecte à l’Institut supérieur d’architecture Saint-Luc à Tournai, puis de 1983 à 1986 à l’IUAV, à Venise.

    En 1987, il est ingénieur au Mexique pour participer à un projet de secours du gouvernement belge pour la capitale Mexico détruite par un tremblement de terre. Il s’y établit.

    La base de ses activités trouve sa source dans ses promenades à travers la ville. Son œuvre, à la fois performances, vidéos, dessins, peintures et sculptures, se développe dans plusieurs villes, dont New York, Londres, Lima et Jérusalem.

    Il décrit le contexte dans lequel il travaille en tant qu’artiste de politique, au sens grec du terme, la polis : la ville comme un lieu de sentiments et de conflits. Avec des actions simples, ironiques et significatives, il étudie l’influence de l’art sur la vie dans la ville.

    Il prend part en 2008 au prestigieux concours européen The Vincent Award et y remporte le prix du public.

    En 2011, il est classé, par le magazine Newsweek, 7e dans leur classement des 10 artistes les plus importants au monde.